
Parfois quand on a un problème avec une personne, un différend ; on a tendance à adopter une des quatre manières suivantes pour résoudre la problématique.
Certaines fois on a tendance à fuir le problème, on préfère ne pas l’affronter et on fait comme si de rien n’était. La politique de l’autruche, on se voile la face, on fait semblant. Cela nous semble plus facile d’arrondir les angles et on fait comme si tout allait bien. Ce qui n’est évidemment pas le cas. Cette situation ambigüe nous laisse un goût amer dans la bouche, dans le cœur. On perd de l’énergie dans des conflits non résolus. Le test de Rivolier donne le taux d’énergie que l’on perd face à chaque événement de vie en passant d’une dispute, à un jugement, à un mariage, à une séparation. Il nous explique que cette déperdition d’énergie dure une année avant que l’on ne récupère son niveau initial. A long terme cela nous semble plus facile mais le conflit ne risque pas de se résoudre en fuyant. La personne ne s’affirme pas, ne se respecte pas . Pas étonnant alors que sur notre chemin les personnes que l’on rencontre nous semblent souvent irrespectueuses. Par effet miroir, la vie nous met devant des situations ou personnes qui reflètent cette lacune que l’on a : ici savoir gérer le conflit. Comme par hasard, le nez là où le bât blesse. Les situations que l’on vit sont des signaux pour nous permettre de changer la donne . J’ai à prendre en charge la capacité de résoudre mes différents plutôt que de faire semblant. Mais rétorquera une personne qui a pour habitude d’arrondir les angles: »Je suis convaincu que ce n’est pas la peine de dire mes sentiments, mes besoins » mais je me nie par la même occasion. Se dire en cas de différent, c’est donner une chance à l’autre de nous entendre, de regarder les conséquences d’un différend en face ensemble et de tenter de trouver une réponse appropriée et avantageuse pour les deux parties. Quoi qu’il en soit ce qui n’est pas exprimé s’imprime. Donc à choisir, dire est libérateur et empêche les somatisations. Reste à le faire dans la communication, la négociation non violente. Cela s’apprend.
La deuxième possibilité est de s’attaquer à un élément du conflit. La personne préfère prendre une voie de garage plutôt que l’autoroute de la résolution globale du conflit. La seule qui à long terme laisse les deux parties sereines et positives. Plutôt que de dénouer le fond du problème on met en évidence une petite partie de la situation. On ne met pas toutes les cartes sur table. Pas étonnant que le problème revienne tôt ou tard. On se donne l’impression d’avoir résolu la situation mais au bout du compte et des efforts fournis ; on revient à la case départ. On reste en surface, on évite la profondeur. Le vrai nœud du problème reste mis de côté. Cela ne donne évidemment pas une satisfaction réelle aux protagonistes sur le long terme. l’autre peut même penser que pour être quitte et vite régler le problème on évince volontairement les points clés.
Une troisième manière est de foncer dans le tas. Action réaction souvent impromptue, violente et mauvaise conseillère. Certes on est dans la spontanéité, on ne risque pas d’imprimer mais on exprime avec véhémence. Vous avez déjà fait un ricochet sur l’eau. Oui, la pierre est bien partie et arrivée à destination. Mais regardez les ondes qui s’élargissent sur la surface de l’eau. Les conséquences ne sont pas analysées, anticipées et tant pis moi j’ai dit ce que j’avais à dire. Mais jusqu’où cela peut aller parfois? L’agressivité souvent est de mise, le ton monte, le débit accéléré. Est-ce une preuve que vous êtes dans la communication non violente ? Je ne crois pas. D’ailleurs souvent j’entends : « Mes mots ont dépassés ma pensée ». Que pensez-vous de l’adage tourner 7 fois sa langue dans la bouche ? A vous de voir. Une cocotte-minute soupe qui explose n’est pas de bonne augure pour annoncer une négociation Win Win. Souvent on attend trop longtemps pour décoller les timbres, nos petits malentendus et la carnet rempli ,c’est la goutte qui fait déborder le vase. Au mauvais endroit , au mauvais moment , avec la mauvaise personne. Apprendre à ne pas laisser passer et à aller en profondeur permet d’éviter un malaise général et ou l’amplification d’un petit quelque chose qui abordé rapidement trouverait vite une solution.
La dernière manière la plus pro active et « adulte » est celle de la négociation gagnant. C’est un outil en 6 étapes. POSBDC+-
P :prendre rendez-vous. Je prends d’abord un rendez-vous avec la personne concernée (même mon enfant). Ne riez pas, on prend bien des rendez-vous boulots, médecins. Pourquoi pas des RDV émotionnels. Il s’agit à cette étape de dire de quoi je souhaite discuter. Par exemple : » Anne, es-tu libre ce soir à 19h00, je souhaite te voir pour discuter de l’ordre dans cette maison ». L’autre a ainsi le temps lui aussi de se préparer, on ne vient plus déverser ses griefs, on souhaite s’expliquer.On se donne à soi et à l’autre le temps de recul nécessaire.
O : Observation. Vous dites ensuite les FAITS. En parlant en »je ». Le « TU » tue . Quand je vois : « …………. ». Quand j’entends : « ………………. ». Sans jugement , pas de : « Tu es bordélique ». Non, la bonne manière c’est : « Quand je vois cinq paires de chaussures sous le meuble du living » .Vous voyez la différence. Si vous voulez que l’autre vous écoute, évitez le tu et les jugements. Appropriez-vous la responsabilité de vos ressentis, de votre perception de la situation, de votre réalité qui est unique et vous appartient.Vous souhaitez juste la partager.
S : Sentiments.: Je me sens………………..Dites vos sentiments, ils n’appartiennent qu’à vous. L’autre n’est pas un devin. Cela favorise l’écoute, personne ne vous dira : « Non, tu ne te sens pas ……………. ». Dans cet exemple : « Je me sens fatiguée quand je rentre du travail et que je dois commencer à tout mettre en ordre ».
B : Besoins. « J’ai besoin de………………….. » . Annoncer votre besoin sous latent, celui qui est à l’origine de cette situation conflit. J’ai besoin d’ordre autour de moi pour me sentir bien. Ce besoin m’appartient et il est important à mon équilibre et bien-être. Le communiquer à l’autre c’est tenter de se faire un allié et pas plus longtemps un perturbateur de mon bien-être.
D : Demander ce que vous souhaitez comme actions pour remédier à la situation problématique pour vous. Comprenez bien qu’à l’autre cela ne lui pose sans doute aucun problème. C’est votre désagrément et il cache souvent un besoin ou une de vos valeurs non respectés. Quelles actions décrites précisément souhaitez-vous (faites la différence entre l’exigence qui est un ordre et le souhait qui est plus du ressort de la demande)). Soyez clair, précis : qui, quand, quoi, où, comment, combien, pour quoi. Sachez bien ce que vous voulez vous-même ? (cf. l’objectif onglet article). « Je souhaite que dorénavant quand tu rentres de l’école, tu poses tes chaussures dans l’armoire du hall ».
C+- : Conséquences positives et négatives si l’action de la demande est réalisée. Si tu le fais, notre entente sera ok et je propose puisque j’aurai plus de temps libre de t’emmener une fois par mois faire une ballade de notre choix. Piscine ou Parc. On décide de ce point ensemble. Si au contraire les chaussures sont toujours là (et pas traîne qui est de nouveau un jugement à éviter), je les ramasserai, les mettrais dans un sac au garage.
J’aime l’image de deux ânes qui chacun tirent la corde de son côté et c’est à qui mangera dans son râtelier. Et on tire, on tire jusqu’à ce que la corde se rompe. Et si une fois pour essayer, chacun se donnait une chance d’aller ensemble tantôt vers le besoin de l’un et tantôt vers le besoin de l’autre. Pour avancer en harmonie et sans perdre de l’énergie. La vie ne serait-elle pas plus constructive. Chacun a des richesses et le partage est une valeur sûre. Tester cet outil c’est l’adopter. A vous de juger de sa pertinence pour préserver une relation dans laquelle le conflit devient un tremplin de changement et d’évolution vers plus de puissance et de sérénité plutôt qu’une raison de rupture. Chacune des parties sort plus riche d’un échange POSBDC+- fait dans les règles de l’art.
Voilà, vous avez pu vous exprimer . demandez à l’autre ce qu’il en pense, comment il voit les choses. le dialogue est ouvert et propice à la négociation WIN WIN . Chaque partie peut à son tout exprimer comment il voit la situation et quelle action semble opportune. Il y a débat et partage. la demande est avalisée par les deux parties . Et à donc plus de chance d’aboutir au résultat escompté. Bingo, vous avez réussi. Elle est pas belle la vie!
Petites astuces
Si le ton s’envenime, « post pausez » le débat à plus tard. Pour mettre un terme à l’escalade symétrique, le ton qui monte et j’en passe. Revenez à la forme, c’est un moyen de revenir à l’essentiel . Au comment on se comporte entre deux parties pendant une discussion. Quel est ce ton employé ? Préférez prendre un peu de distance et revenir plus tard sur le fond. Il y a aussi un moment pour tout.( voir article ultérieur : les outils pour ne pas se laisser happer par l’énergie négative d’une discussion qui vire à la colère).
Et en couple ou amis , se tenir la main pour discuter est propice à une meilleure gestion de la négociation.
Belle journée